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Indice del relato/Table des matières de Aiguala

Auguste Lagravère

Aïguala. Souvenirs de l’Amérique méridionale.

En vente chez Norbert Bonnefond, Libraire. Passage Jouffroy, 50-52. 1883

Table des matières[1]

Préface                                                               p. 1

Première partie                                En route

  1. 1 p. 5.

Adieu, France. Le sol anglais. Le Tasmanian. Le mal de mer. Le roulis. Une épave. Les Açores. Un pirate.

  1. 2 p. 12

Fauberts et vadrouilles. Les exocets. Saint-Thomas. Une proposition insolite. Une explication d’après  les nègres. Le Solent. Diane. Quand ils suent, ils…. Colon-Aspinwal. Son railway jusqu’à Panama. Aspect de l’isthme. Fourmis et perroquets. Ancienne route. Panama à tous les points de vue.

  1. 3 p. 26

L’océan Pacifique. Excentricité anglaise. Soleil couchant. Guayaquil : golfe, ville et commerce. Paita et ses ânes. Un accident. Le Callao moderne et la première ville de ce nom.

  1. 4 p. 34

La vallée de la Rimac et Lima. Coup d’œil sur cette ville. Courses de taureaux. Matadores et salteadores. Description générale.

  1. 5 p. 49

Tableau moral. Jeu. Moyens d’existence. Costume de la femme. Hommage à la Liménienne. Costume de l’homme. Harnachement. Mendicité. Justice. Environs de Lima.

  1. 6 p. 53

En selle. Le rio Seco. Yangas. Le supplice de Tantale. Yasso. L’Obrajillo. Spectacle grandiose. La Viuda de Huarochiri et la veta. Casa Cancha. Les condors. Huaillay. Un chaos.

 

Deuxième partie                                             Séjour

  1. 1 p. 73

Le Cerro de Pasco. Population. Epidémies. Origine de ses gisements argentifères. Ses constructions. Ses eaux. Saisons, climat, température. Moyens de chauffage. Remarques relatives à l’acclimatation.

  1. 2 p. 83

Le sexe charmant. Les rapports sociaux. Tauromachie et combats de coq. Minerais d’argent.

  1. 3 p. 87

Exploitation des mines. Guías ou essais.  Entrave causée par l’eau. Transport du minerai. Le lama. Les haciendas.

  1. 4 p. 98

La mule. Les moteurs hydrauliques. Description d’une usine métallurgique. Honte à l’égoïsme.

  1. 5 p. 107

Travail de l’amalgamation.

  1. 6 p. 128

Produits employés pour arriver à l’amalgamation de l’argent. La pierre meulière.

  1. 7 p. 132

Les cholos. Détails ethnologiques.

  1. 8 p. 157

Détails cynégétiques et culinaires

  1. 9 p. 163

Villégiature forcée. Un ami. La Quinoa. Chiquirin. Cajamarquilla et ses productions. Pachamanca, ocas y ullucas.

  1. 10 p. 170

Pazo llano. La descente d’Atojhuarco. De Huariaca à Ambo. Notre installation dans cette localité. Aperçu général. La canne à sucre.

  1. 11 p. 177

Jarana, muliza y borrachera. En plaisantant. Le Huaco. Juanita

  1. 12 p. 184

Huacar. Deux Chunchos. Un caféier. Viroye. El mordedoro. Encore en selle. Cochenilles et églantiers.

  1. 13 p. 188

Huanuco. Sorbets et limonadiers. San Miguel. Sources et dénominations diverses du fleuve des Amazone. Chaussée de Cuzco à Quito. Proh pudor !

  1. 14 p. 194

Sans pitié. L’aveu du père Yab. Les hostilités commencent. Une souscription forcée. Le peuple se prononce. Les Espagnols rient.

  1. 15 p. 199

Pauvre ami !… Quelques mots sur le recrutement, le soldat et les forces du Pérou. Je tourne bride.

  1. 16 p. 204

Détails politiques. Un animal qui cause des émotions. Encore des événements politiques.

  1. 17 p. 209

Feux follets. Blocus du Chili. Je prends une résolution.  Ouelette. Officier dix minutes. Par humanité.

  1. 18 p. 215

La colère s’en mêle. Des compagnons surviennent. Nous passons la Cordilière. Un accident. Au dessous de Culluay.

  1. 19 p. 219

Tendre et Fanfaron. Prise de Lima par les montoneros. Détails intimes. Un moment d’angoisses.

  1. 20 p. 224

Départ de Lima. Dans les brouillards. Nous sommes volés. Trait caractéristique. Ce qui nous reste.

  1. 21 p. 231

Majesté de la nuit. Pomacancha. La foi nous vient en aide. Beati pauperes spiritu.

  1. 22 p. 235

A 4803 mètres au dessus du niveau de la mer. Étrange hospitalité. Hommage à une Indienne.

  1. 23 p. 239

Pachachaca. Le pont de la Oroya. Un Cincinnatus péruvien. Tarma. Le Yacamiche.

  1. 24 p. 244

La plaine de Junin et son monument commémoratif. Pasco. Toujours des détails politiques. Pauvre mère !

  1. 25 p. 249

Je quitte Cerro de Pasco. Incidents de route. Cielo de sierra.

  1. 26 p. 254

Je passe la Cordilière pour la quatrième fois. J’adore l’Obrajillo. Sentiers de chèvre. Trop téméraire. Équilibriste par nécessité.

  1. 27 p. 261

Une nuit à la belle étoile. Encore un mauvais pas. A quoi nous force la faim. Après trente six heures de jeûne. Je deviens commis en marchandises. Tout fait présager la guerre.

  1. 28 p. 265

Les pompiers s’organisent. Moyens d’attaque et de défense. Je prétends être de garde. Bombardement du Callao.

  1. 29 p. 271

La faim nous met en péril. Pour les sœurs de charité. La victoire est proclamée. Discours du chef suprême de la République. Rentrée des troupes et des pompiers. Conséquence de la défaite des Espagnols.

  1. 30 p. 276

Corpus Christi ! Lisez Dabadie. La terre tremble. Distribution des récompenses nationales. Cantate en l’honneur des pompiers.

  1. 31 p. 282

Trop de fêtes. Otaïza. Le chef suprême mécontente la nation. Plus d’espoir ! Il n’y a que les Français pour savoir vaincre.

 

Troisième partie                                              Retour

 

  1. 1 p. 285

Aïguala ! (Adieu ! en langue quichua). Une tempête. Miss Hariett… Ce qui manque à nos jeunes filles. Kingston. La lèpre. La Jamaïque. Le cocotier. Variété des cheveux à bord.

  1. 2 p. 292

Devant Jacmel et Saint-Thomas. Une cantatrice. Un acrobate. La mer et le ciel. Hip, hip, hurra ! Larmes de joie. Un aveu et mon unique désir.

[1] Je reproduis les graphies de l’ouvrage édité en 1886, sans apporter de modification sur les gentilés, les toponymes ni d’autres dénominations.

Des Français déchus de la nationalité à Lima en 1941 : traces de la politique de Vichy appliquée en Amérique du Sud

 

Une illustration du journal La Cronica envoyée à Paris en octobre 1941. Clio condamne Pétain

L’article ci-dessous est le résultat de recherches  effectuées en 2023 à Paris  (Archives diplomatiques) et Lima (Archivo General de la Nación).

La légation de France au Pérou rédige le 2 septembre 1941 à l’intention de l’amiral Darlan, ministre secrétaire d’état aux Affaires Étrangères du gouvernement de Vichy « les renseignements d’état-civil concernant les français du Pérou déchus de la nationalité par décret du 26 avril 1941 ». La signature du document conservée aux Archives Diplomatiques est illisible, à la différence des noms de 9 Français qui se retrouvent apatrides par une décision administrative.

Il s’agit d’hommes nés en France ou au Pérou, des notables qui exercent comme commerçants (tel Paul Bert, et Jean Marcel Gondonneau arrivé au Pérou en 1902), un comptable (Marcel Cadiot),un  médecin (Charles Morin, né à Trujillo en 1901), un ingénieur (Robert Paul Valdenaire originaire de La Rochelle), Louis Poirier mécanicien employé par Renault sur place. Deux déchus de la nationalité ont été employés dans l’administration de l’Ambassade, tel l’ancien chancelier Aimé Dussol, ou l’ancien attaché commercial qui sont mis au ban de la communauté française. La plupart de ces expatriés bénéficie d’une notoriété que le décret ne peut leur enlever comme le chimiste Emmanuel Pozzi Escot, né à Bergerac en 1880, qui est membre de l’Académie des Sciences du Pérou, et professeur à l’université, à l’école d’agriculture et à l’école navale au moment de la mesure vichyste. Continuer la lecture de « Des Français déchus de la nationalité à Lima en 1941 : traces de la politique de Vichy appliquée en Amérique du Sud »

Les Filles de la Charité au Pérou

Le présent texte est issu des investigations menées sur l’histoire de l’émigration aquitaine en Amérique latine dans le cadre du projet EMILA. Extrait de  «  L’arrivée des Filles de la Charité en Amérique latine : des expériences de terrain instructives » par Isabelle Tauzin.

Embarquement à Bordeaux pour le Pérou (1857-1858)

Plus de quarante religieuses et deux lazaristes partirent de Bordeaux pour le Pérou le 16 septembre 1857 à bord du Saint Vincent de Paul, un trois-mâts de plus de neuf cents tonneaux, lancé par le constructeur bordelais Arman pour les armateurs Bordes et Le Quellec qui avait déjà transporté un premier groupe de Filles de la charité à Valparaiso. La navigation fut interrompue par une escale à Rio de Janeiro où descendirent deux religieuses qui ne supportaient pas le voyage. En 1857, le voyage des religieuses fut réalisé grâce au financement apporté par la Maison Montané, du nom du consignataire du guano, qui avait été élu député de la Gironde au début du Second Empire, et avait fait construire le Louis Napoléon inauguré par l’empereur à Bordeaux en 1852 avant de se retrouver ruiné en 1858 lorsque la consignation du guano revint aux Anglais Gibbs.

Le président Castilla avait autorisé la Société de Bienfaisance de Lima à entreprendre les négociations pour la venue des Filles de la Charité dès avril 1856. Outre le soutien du consignataire gersois, Montané, un autre Gersois, l’armateur Antoine Dominique Bordes avait d’excellentes relations avec la Congrégation de la Mission, et après avoir facilité l’installation au Chili, aurait transporté gracieusement sur l’un de ses clippers les plus emblématiques les Filles de la Charité. Continuer la lecture de « Les Filles de la Charité au Pérou »

Histoire de voyages, martyrs et territoires Europe, Amérique et Asie, XVIe-XVIIe siècles

Le colloque Histoire des voyages, martyrs et territoires Europe, Amérique et Asie, XVIe-XVIIe siècle,  a eu lieu les 10 et 11 juin 2026 à l’Université Nationale de Tucuman, organisé par l’historien argentin Marcelo Fabián Figueroa dans le prolongement d’une recherche collective initiée entre Tucuman et Buenos Aires depuis le début de la décennie.

Le colloque a comporté quatre sessions avec des intervenants argentins et internationaux qui se sont exprimés sur les dynamiques complexes des témoignages de martyre, des récits de voyage et des discours de résistance au début de la modernité. Programme en ligne. 

El Instituto Superior de Estudios Sociales (ISES CONICET-UNT) y las Cátedras de Historia Medieval y Moderna, en el marco del Proyecto PIUNT H-721, llevaron a cabo con éxito el Workshop Híbrido “Historias de viajes, mártires y territorios (Europa, Asia y las Américas), siglos XVI y XVII”. El encuentro, que se desarrolló durante los días miércoles 10 y jueves 11 de junio en la sede de Gral. Paz 931 (San Miguel de Tucumán), se estructuró en cuatro bloques de ponencias donde destacados especialistas y asistentes nacionales e internacionales expusieron sobre las complejas dinámicas de los testimonios de martirio, los relatos de viajes y los discursos de resistencia en la temprana modernidad. Gracias a su modalidad híbrida, el workshop reunió  a una gran cantidad de asistentes tanto de forma presencial como virtual, consolidándose como espacio clave para el debate académico y el intercambio de investigaciones sobre América del Norte y Sur, Asia y Europa.

 

Lettres de Charles Barroilhet à ses parents, 1827.

Lettre de Charles Barroilhet à sa mère,  5 janvier 1827. Source: Pierre Simonet.

Charles Barroilhet évoque le préjudice causé par le retard prévisible de l’embarquement; il se voit obliger d’engager « des dépenses énormes » à Bordeaux du fait du séjour qui se prolonge et de la nécessité de revoir son équipement pour voyager en Amérique du Sud. Il s’exprime  au nom de « mon ami Dutey et moi » : « Nous vivons ensemble dans le même hôtel, dans la même chambre, nous mangeons à la même table, enfin nous ne nous quittons plus » et célèbre « le caractère droit et loyal de cet excellent jeune homme sympathise on ne peut mieux avec le mien ; aussi vivons-nous plus comme deux frères dans la plus parfaite harmonie ».

La lettre porte aussi sur le colonel Sauveur Soyer : « Nous passons 3 ou 4 heures de la journée avec le colonel Soyer qui nous fait toujours l’accueil le plus amical […] tout nous fait croire que nous aurons en lui un zélé et puissant protecteur ».

La caricature d’un émigrant bordelais en Argentine (1899)

La revue satirique Caras y caretas publie à Buenos Aires une galerie de portraits d’immigrants à partir du 15 avril 1899 sous la rubrique « Galería de inmigrantes ».

L’écrivain Francisco Grandmontagne qui a vécu au Pays Basque Sud avant d’émigrer à Buenos Aires et fonder la revue La Vasconia destinée à la communauté basque sur place, est l’auteur d’une biographie fantaisiste publiée le 13 mai 1899 d’un Français, défini comme un Bordelais et qu’il baptise M. Flémond.

Grandmontagne fait de la Gironde une terre mythique à la fois plantée de vignes et d’oliviers. Son personnage est une caricature, qui véhicule le cliché d’étrangers parasites prêts à exploiter le pays d’accueil. Flémont a étudié, appris surtout à compter et une fois arrivé en Argentine, trouver à s’employer dans un magasin de vins et spiritueux :

« Il n’a dérangé personne avec des lettres de recommandation, à la différence du [type du] bachelier immigrant. Ouvrier manuel et ouvrier intellectuel, homme aux multiples talents, il n’a pas perdu son temps à chercher difficilement un poste sédentaire. Il travailla comme ouvrier manuel dans une distillerie, avec cette relative indépendance dont ne jouit pas le comptable, soumis aux rebuffades patronales et pris en étau entre les intrigues des associés ».

Comme l’explique Isabel Santi dans « Algunos aspectos de la representación de los inmigrantes en Argentina » (Alhim, 2002, 4), l’immigré diplômé (« El bachiller », Caras y caretas, 15 avril 1899) qui arrive à la fin du XIXe siècle dans le Rio de la Plata, tel que le dépeint Grandmontagne, croit que tout lui est dû, du fait de son diplôme qui ne lui permettra pas d’accéder aux emplois qu’il espérait  de par ses origines et ses études.

Quant au Girondin imaginé par le même auteur, entre costumbrisme et naturalisme, Flémond fait rapidement fortune en produisant du vin frelaté, rougi par toute sorte de plantes (de la rose trémière aux algues) ; il invente des domaines viticoles, des chateaux au nom ridicule mais qui rencontrent le plus grand succès, et épouse une compatriote qui travaille à ses côtés et lui donne deux enfants, Flémond « règlemente la fécondité de la Gasconne ». Après des années à Buenos Aires, tandis que son épouse est partie s’installer à Paris, le Bordelais réalise un dernier voyage transatlantique: « M. Flémond professe à l’égard de ces jeunes pays un dédain presque olympien, croyant que notre bonnet phrygien peut être l’écuelle qui servira à porter le grain au bec de son coq français ».

Cet émigrant bordelais (en réalité Bordeaux est un prétexte, Grandmontagne ne donne aucune précision sur la ville), n’aura laissé comme trace de son passage en Amérique que « les colorants à l’aniline avec lesquels ses châteaux auront verni les estomacs contemporains ». C’est ainsi que le narrateur de Caras y caretas, conclut son portrait impitoyable et sarcastique à l’égard  de l’opportuniste qui a débarqué des rives de la Garonne pour repartir au plus vite, sans s’enraciner dans la province de Buenos Aires.

 

Sources

Caras y caretas, 1898-1899. Cervantesvirtual partiellement accessible en ligne.

Galería de inmigrantes – Monsieur FlémondCaras y caretas, Buenos Aires, n° 32, 13 mai 1899, p. 13-14.

Rodríguez Martín Carmen, « Francisco Grandmontagne y Félix Basterra: habitar en el entre trasatlántico», Estudios filosóficos Lxiv, 2015, p. 11-124, Universidad de Granada.

Santi Isabel, «  Algunos aspectos de la representación de los inmigrantes en Argentina », Amérique Latine Histoire et Mémoire. Les Cahiers ALHIM [Online], 4 | 2002

Portraits de familles de photographes à Lima: les Courret et les Dubreuil

Recensement de la famille Courret en 1841 à Angoulême. François Courret est alors installé à Lima, absent lors du recensement. AD 16

 

Les photographies, les portraits de groupe familiaux comme les portraits individuels, ne sont pas des clichés pris au hasard dans la seconde moitié du XIXe siècle, les portraits photographiques qui concurrencent la peinture, ont fait l’objet de toute une mise en scène artistique en vue d’un message à transmettre à la parentèle souvent éloignée.

Les Dubreuil sont au centre de la photo prise par Courret. BNP.
BNP

Ainsi, les clichés de groupes témoignent de la proximité des familles des deux photographes français Courret et Dubreuil établis au Pérou et successeurs d’Eugène Maunoury revenu à Paris en 1866. Peu de clichés ont été conservés des frères Courret eux-mêmes.

Chalet des Courret à Miraflores.  BNP.

Continuer la lecture de « Portraits de familles de photographes à Lima: les Courret et les Dubreuil »

Les Filles de la charité à bord du Magellan (1853-1854) : cap vers le Chili

En Amérique du sud, trente Filles de la charité dont vingt-cinq françaises ont débarqué à Valparaiso dix ans après que le général Bulnes qui présidait le pays, eut demandé leur installation pour s’occuper des malades dans les hôpitaux. Un accord intervint entre l’émissaire de l’évêque de Santiago du Chili et le supérieur général des lazaristes ainsi que la supérieure générale des religieuses en juin 1853, de sorte que les Filles de la charité parties de Bordeaux à bord du Magellan le 17-18 novembre 1853 sont arrivées à Valparaiso le 15-16 mars 1854 grâce au financement de soixante mille francs apportés par le gouvernement chilien.

Le Magellan in Briot Claude et Jacqueline, Cap Horniers français… Paris, Chasse Marée, 2003.

Les aléas du voyage ont été rapportés par l’une des sœurs sous forme d’un journal adressé au supérieur général Étienne. Le témoignage précis a été publié en 1854 dans les Annales de la Congrégation de la Mission[1]. L’embarquement à bord du Magellan, propriété de l’armateur breton Le Quellec, eut lieu à la bonne saison pour franchir le Cap Horn, au moment de l’été austral.

Après l’estuaire de la Gironde, « commencent nos tribulations » écrit anonymement la correspondante du supérieur des pères lazaristes. Les religieuses sont victimes de malaises : « C’était une scène aussi grotesque que pitoyable de voir tout ce monde étendu, les unes dans leurs cabines, les autres dans la salle, ces plaintes que laissent échapper chacune à sa manière » (Annales, 1854, p. 263). Le dimanche 20 novembre, trois jours après le départ et la descente de la Gironde, les missionnaires renoncent à porter la cornette pour mettre le costume de voyage que « chacune trouve sur son lit : une pèlerine noire, un fichu blanc et une capote » (op. cit., p. 265). Continuer la lecture de « Les Filles de la charité à bord du Magellan (1853-1854) : cap vers le Chili »

Dédé et Ducasse, émigrants papetiers, de la Charente au Pérou

L’aventure américaine a enthousiasmé de nombreux habitants des départements aquitains, proches ou éloignés du littoral Atlantique et prêts à aller jusqu’au Pacifique pour faire fortune.

Isaac Dédé est né en Charente en 1801 dans la petite commune de Verrières ; fils d’agriculteur, il se forme à la papeterie et à la reliure et obtient les brevets de libraire, de lithographe et d’imprimeur pour exercer le métier. Il est installé à Cognac de 1829 à 1838 selon le dictionnaire des imprimeurs lithographes du XIXe siècle, éditée en ligne par l’École Nationale des Chartes.

Pierre Guillaume Gustave Ducasse est né à Bordeaux en 1809 et est connu au Pérou sous son troisième prénom, Gustave.  C’est le fils d’un chapelier du quartier des Chartrons à Bordeaux ; il est parti en 1832 à la Nouvelle-Orléans comme commis négociant puis deux ans plus tard, de retour en Gironde, obtient un passeport pour Lima en 1834, il réalise ainsi plusieurs voyages entre la France et le Pacifique comme négociant. Continuer la lecture de « Dédé et Ducasse, émigrants papetiers, de la Charente au Pérou »

Raymond Monvoisin, peintre voyageur entre Bordeaux et l’Amérique du Sud

Raymond Quinsac de Monvoisin est un peintre né à Bordeaux au moment de la Révolution française. Le musée des Beaux-Arts conserve certains de ses tableaux. Cependant, Monvoisin est surtout célébré en Amérique du sud. Le présent article est une version abrégée du chapitre plus complet paru dans L’Amérique du Sud : histoire d’émigrations aux Presses Universitaires de Bordeaux. Continuer la lecture de « Raymond Monvoisin, peintre voyageur entre Bordeaux et l’Amérique du Sud »

Un témoignage sur la traite chinoise au Pérou

Marie Maître de Saint-Arnaud, originaire d’une famille girondine installée au château de Malromé, a laissé un témoignage intime sur la traite asiatique organisée à partir des années 1840 dans le continent sud-américain pour l’exploitation des nitrates, l’agriculture, la construction ferroviaire et le service domestique. Continuer la lecture de « Un témoignage sur la traite chinoise au Pérou »

Les commerces d’émigrants basques à Lima à la Belle Epoque

Parmi les familles françaises installées à Lima, elles sont nombreuses à se consacrer au commerce, commerce de produits de luxe, d’outillages, d’articles de mode… Les familles basques et bayonnaises Larrabure, Carriquiry et Prugue sont associés de longue date. Les Larrabure trouvent leur origine dans un village à proximité de Saint-Jean-Pied de Port, tout comme les Fort qui jouent un rôle éminent dès la formation de la Société de Bienfaisance Française. Les Carriquiry sont partis de Tardets, dans une vallée encore plus enclavée et proche de la Navarre espagnole.

Les deux amis sont l’un des nombreux commerces français qui exhibent le luxe, la mode, le “bon goût” dans le centre de Lima au début du XXe siècle. L’annonce publicitaire parue en 1921  dans le Guide commercial et industriel rend compte de cette présence.

L’Amérique du Sud: histoire d’émigrations au départ de l’Aquitaine

L’Amérique du Sud : Terre promise ! L’indépendance du continent suscite les vocations à l’exil. Le Rio de la Plata, le Chili et le Pérou sont des destinations qui font rêver l’Aquitaine au XIXe siècle. Le présent ouvrage explore les destins de migrants connus en Amérique Latine, peintres et photographes, religieuses, féministes et résistantes, et reconstruit les parcours d’anonymes dont les lettres ont été sauvegardées.

Flyer

Sommaire de L’Amérique du Sud: histoire d’émigrations, XXe-XXe siècles écrit par Isabelle Tauzin-Castellanos, Presses Universitaires de Bordeaux, 2024, 340 pages, 105 illustrations.  Contact: pub@u-bordeaux-montaigne.fr

Introduction

Chapitre 1 Un globe-trotteur oublié : l’Amérique du Sud vue par Julien Mellet 1808-1820

Chapitre 2 Navigation et guerres d’indépendance dans le Pacifique sud : les écrits de Camille de Roquefeuil et Gabriel Lafond (1816-1844)

Chapitre 3 Un demi-siècle d’opportunités : la route du Callao et les armateurs bordelais, 1825-1880

Chapitre 4 Joseph de Cantérac et la défense de l’Amérique espagnole

Chapitre 5 De l’indépendance du Pérou au cliché rastaquouère : Sauveur Soyer

Chapitre 6 Flora Tristan : les pérégrinations d’une paria entre Bordeaux et le Pérou

Chapitre 7 Bonnaffé, Monvoisin, Merino, Laso… : migrations d’artistes peintres entre Bordeaux et le Pérou au milieu du XIXe siècle

Chapitre 8 Du guano du Pacifique aux châteaux bordelais

Chapitre 9 Les frères Courret : d’Angoulême à Lima

Chapitre 10 Immigration au Paraguay et agences d’émigration des Basses-Pyrénées

Chapitre 11 Les agents d’émigration à Bordeaux

Chapitre 12 Manuel Gonzalez Prada : un intellectuel péruvien à Bordeaux

Chapitre 13 L’Amazonie : Terre Promise pour les immigrants français ?

Chapitre 14 Une hacienda girondine à la frontière du Pérou ?

Chapitre 15 L’émigration française en Uruguay au XIXe siècle : un renouvellement des sources

Chapitre 16 Fortunes et déboires de l’immigration en Argentine : les familles Luro et Chapar

Chapitre 17 Parcours féminins du Béarn à la Pampa en 1900

Chapitre 18 Gabrielle Laperrière de Coni, de Bordeaux à Buenos Aires (1861-1907)

Chapitre 19 L’arrivée des Filles de la Charité en Amérique latine : des expériences de terrain instructives

Chapitre 20 Julia Codesido : une peintre péruvienne cosmopolite

Chapitre 21 Du Pérou à la Résistance : Madeleine et Lucha Truel

Conclusion

Table des illustrations

Index des noms de personnes

Index des noms de lieux

Mots clefs: Émigration française, histoire globale, Amérique Latine, histoire des femmes, histoire de l’art latino-américain XIXe-XXe.

French emigration, global history, Latin America, women’s history, history of 19th-20th-century Latin American art

Emigración francesa, historia mundial, América Latina, historia de las mujeres, historia del arte latinoamericano XIX-XX

Elorri Arcocha Mendinueta: sur des lettres en basque d’émigrés et soldats souletins

Une société à travers la correspondance. La Soule de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre Mondiale

Elorri Arcocha Mendinueta a soutenu au mois de janvier 2024 une thèse doctorale à l’Université Publique de Navarre, rédigée en basque et en français. La thèse a pour titre “Gizarte bat korrespondentziaren prismatik : Zuberoa, XIX. mendearen bukaeratik Lehen Mundu Gerra arte”. L’objectif principal était d’étudier les correspondances provenant de quatre collections, comprenant des lettres d’émigrés souletins, de soldats souletins pendant la Première Guerre mondiale, et dans une moindre mesure, de personnes restées au pays. Cette recherche visait à ouvrir une nouvelle perspective dans l’étude de la correspondance, en se concentrant non pas sur l’émigration ou la vie des soldats dans les tranchées, mais en intégrant les lettres dans une métacommunication préétablie, faisant ainsi partie d’un contexte socioculturel spécifique. Les images de ce billet sont issues du corpus d’Elorri Arcocha.

Le travail s’est donc axé sur l’analyse des informations que les lettres fournissent sur la société de la Soule à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. La recherche a été articulée en trois parties : la première s’est penchée sur l’emploi de l’écrit dans une société qui était encore en cours d’alphabétisation, mettant en lumière une appropriation particulière de l’écrit et une utilisation répandue du basque à l’écrit. La deuxième partie examine l’utilisation des trois langues présentes dans la correspondance – le basque, le français et l’espagnol – ainsi que les facteurs qui ont influencé le choix de chaque langue, et la coexistence de différentes langues dans une même lettre. Enfin, la troisième partie analyse la symbiose des éléments traditionnels et modernes dans la correspondance à travers le prisme de la société souletine de l’époque.

Madeleine Truel (Lima 1904, Sachsenhausen 1945)

Mardi 6 février – Vendredi 16 février 2024, 8 :30 – 19 :00

Exposition sur le camp de concentration de Sachsenhausen mise à disposition par l’Amicale des Anciens Déportés de Sachsenhausen Bibliothèque Universitaire Lettres et Sciences Humaines  Bordeaux Pessac. Ligne B, arrêt Montaigne Montesquieu. Des visites guidées de l’exposition sont proposées par les membres de l’Amicale des Anciens Déportés de Sachsenhausen.

Au total, on estime qu’un peu plus de 200 000 hommes et femmes ont été déportés au KL Sachsenhausen dont la moitié y a trouvé la mort.

Contact: Amicale des Anciens Déportés,  Mireille et Bernard Cadiou.

Conférence  mardi 6 février  18:00 Bibliothèque Universitaire Lettres et Sciences Humaines  Bordeaux Pessac. Ligne B, arrêt Montaigne Montesquieu.

Du Pérou au camp de la mort de Sachsenhausen : Madeleine Truel (1904-1945). Du retour en France à la déportation en Allemagne.

Isabelle Tauzin-Castellanos, membre honoraire de l’Institut Universitaire de France, Université Bordeaux Montaigne, évoquera les documents recueillis auprès de la famille en France et au Pérou et qui permettent de comprendre l’itinéraire des soeurs Truel. Les Truel et les Larrabure ont émigré à Lima au XIXe siècle; les enfants sont revenus en France en 1924. Auteure de L’enfant du métro avec sa soeur cadette, Madeleine Truel  n’a pas survécu aux Marches de la Mort, évacuation forcée des camps de concentration.